
Coupole sur coupole
En arrivant à Waalwijk, on aperçoit de loin les coupoles et la tour élancée de la Sint-Jan de Doper (Saint-Jean-Baptiste). L’église a été construite entre 1923 et 1925 sur les plans de l’architecte H.W. Valk et, selon les Vrienden van Sint Jan de Doper, l’association des amis de l’église, c’est la plus grande église néo-byzantine des Pays-Bas. En faisant le tour du bâtiment, on compte dix-neuf coupoles si l’on inclut la flèche ; la grande coupole semble naître des plus petites. Mesurée à l’extérieur, elle atteint 41,5 mètres, et la tour hexagonale, inspirée d’un minaret, s’élève à 67 mètres. Il a fallu 20 000 kilos de cuivre pour la couverture, qui a pris une teinte vert clair en quelques années. Les plaques posées sur la grande coupole en 1992 ont reçu un traitement spécial et ne se sont pas oxydées : la différence de couleur se voit encore aujourd’hui.
Le bâtiment est riche en symboles. L’église se dresse sur un tertre de 8 000 mètres cubes de sable, apporté par charrettes à chevaux, car les fidèles devaient « monter vers le Seigneur ». Elle compte cinq entrées en entonnoir. L’encadrement baroque de l’entrée de la tour est plus ancien que l’église elle-même : il provient d’une maison de maître de Breda, date probablement des environs de 1630 et ornait déjà l’entrée de l’église précédente, démolie en 1923. Dans la tour sont suspendues les cloches Sint Crispinus et Sint Crispinianus, du nom des saints patrons des cordonniers et des tanneurs. Waalwijk était alors le centre de l’industrie néerlandaise de la chaussure et du cuir.

Arcs, bronze et terre cuite
À l’intérieur, c’est d’abord l’espace qui frappe. La grande coupole, légèrement ovale, repose par l’intermédiaire d’un anneau de béton armé sur huit piliers massifs ; l’ossature d’acier qui la porte reste invisible. L’espace intérieur octogonal semble inspiré de San Vitale à Ravenne. Valk a délibérément choisi un plan plus ou moins circulaire, qui exprimait pour lui l’idée de communauté. Les arcs en chaînette, proches de la parabole, sont empruntés à la salle du trône d’un palais du VIe siècle à Ctésiphon, dans l’actuel Irak. Plus de deux millions de briques ont été nécessaires, ponctuées ici et là de bandes de glaçure verte et de marbre. Tout en haut, sous la coupole, court un anneau de 38 vitraux de Willem Wiegmans, représentant seize prophètes de l’Ancien Testament.
Dans l’abside sud, le maître-autel en marbre vert et noir se dresse sous un ciborium en cuivre rouge, un baldaquin en forme de tente dessiné par Valk lui-même. Il fut offert en 1924 pour le jubilé d’argent sacerdotal du curé bâtisseur, Van Riel. Certains voient dans les plaques de cuivre tendues des peaux de bêtes, allusion aux tanneries de Waalwijk. Sur le tabernacle se dresse un calvaire en bronze aux figures très stylisées : Marie et l’apôtre Jean, dans des attitudes de deuil presque identiques au pied de la croix. Le long des déambulatoires se trouve le chemin de croix de Charles Eyck, quatorze hauts-reliefs en terre cuite installés à partir de 1940. Onze d’entre eux ont été peints à la demande du conseil paroissial, bien qu’Eyck eût préféré garder la couleur brun-rouge de l’argile.

L’orgue et les concerts
L’orgue se trouve dans l’abside nord. Lorsque l’église a été consacrée en 1925, elle n’avait pas encore d’orgue : l’ancien instrument était rongé par les vers. La maison Pels & Zonen d’Alkmaar a construit un nouvel orgue à trois claviers et trente jeux, qui a résonné pour la première fois en décembre 1932. Lors d’une grande restauration en 1998, Pels & Van Leeuwen, de Bois-le-Duc, l’a porté à 48 jeux. Selon l’association, c’est le plus grand instrument de la région de la Langstraat. Avec plus de quatre-vingts bénévoles, la fondation organise des concerts et des conférences dans l’église depuis 2014.
Une fois par mois, un concert d’orgue a lieu le samedi après-midi, et un concert ou une conférence le dimanche après-midi. L’entrée est libre, il n’est pas nécessaire de réserver et une contribution volontaire est demandée à la sortie. Au programme : samedi 10 octobre 2026 à 15 h 45, concert d’orgue de Hans van Haeften ; dimanche 18 octobre à 14 h 30, le chœur d’hommes Breda’s Mannenkoor ; samedi 14 novembre à 15 h 45, concert d’orgue de Niels-Jan van der Hoek ; dimanche 22 novembre à 14 h 30, le chœur Koor Ad Parnassum ; samedi 12 décembre à 15 h 45, l’ensemble de cuivres Stuiver, de Breda, pour un concert de l’Avent et de Noël ; et dimanche 20 décembre à 14 h 30, un concert de Noël par Aquavocaal, de Drunen.

Avant de partir
L’église se visite gratuitement du mercredi au dimanche, de 13 h 30 à 16 h 30 ; une contribution volontaire est la bienvenue. Les jours de concert, la visite est possible jusqu’à un quart d’heure avant le début. Un audioguide d’environ 30 minutes, en néerlandais et en anglais, coûte 3 € ; les billets se réservent sur le site ou s’achètent à l’accueil. Une visite guidée pour les groupes dure environ 75 minutes et coûte 5 € par personne, avec un minimum de 30 €. Depuis juillet 2020, l’église fait partie de Het Grootste Museum van Nederland (« le plus grand musée des Pays-Bas »), un réseau de lieux de culte ouverts aux visiteurs. Une messe est célébrée chaque dimanche à 10 h 30.
L’église se trouve sur le Sint Jansplein, en plein centre-ville. Depuis la gare routière Vredesplein, comptez environ sept minutes à pied. Des parkings payants entourent l’église (1,10 € de l’heure, gratuit le dimanche). La Sint-Jan n’a pas de café, mais vous trouverez de nombreux cafés et restaurants sur le Markt, tout proche. Het Schoenenkwartier, le musée du cuir et de la chaussure, est à quelques minutes à pied.
Sources
Ce texte s’appuie sur le site de la fondation Vrienden van Sint Jan de Doper, consulté en octobre 2026. Les photos proviennent des albums Flickr de la fondation. Les horaires, les tarifs et le programme des concerts peuvent changer ; vérifiez sur vriendensintjanwaalwijk.nl avant votre visite.